Laure Albin Guillot, une pubarde mondaine

Actuellement au Jeu de Paume, une expo sur la photographe Laure Albin Guillot (1879–1962), qui a marqué la photographie française de l’entre-deux-guerres de son empreinte. Notamment par son approche de l’image publicitaire. Revue de son talent aux facettes éclectiques. Premier épisode : la pub. Et les mondanités.  

La réclame par l’image. Après la deuxième guerre mondiale, la publicité moderne se développe en France. La photographie devient une partie essentielle de la « réclame ». Guillot publie alors « Photographie publicitaire ». Elle soutient que la photo est le meilleur moyen de promouvoir le produit, dans sa réalité physique. De plus, le photographe peut renforcer l’impression de la qualité du produit par une mise en scène et un dispositif d’éclairage approprié. Il faut dire qu’à cette époque, la photographie remplace peu à peu le dessin sur les affiches. A l’appui de la pensée de Guillot, cette pub pour Salantale, simple, graphique, forte.

Laure Albin Guillot, Publicité pour la pommade-vaccin Salantale, vers 1942

Laure Albin Guillot, Publicité pour la pommade-vaccin Salantale, vers 1942

Est-ce que vous aussi, vous pensez aux accumulations d’Arman en voyant cette image ?

Arman, Tubes Rouges, années 1960

Arman, Tubes Rouges, années 1960

Guillot est d’avis que la  photo elle-même suffit pour communiquer le message de la publicité. Un exemple :

Laure Albin Guillot, dans : « Photographie publicitaire », pub pour « Fly-Tox », 1930

Laure Albin Guillot, dans : « Photographie publicitaire », pub pour « Fly-Tox », 1930

Un verre de lait, une assiette remplie de sucre et deux mouches. C’est une pub pour l’insecticide « Fly-Tox ». Pas de texte. Bien plus, le produit lui-même n’est pas intégré dans l’image. Son usage est juste suggéré par les insectes sur les aliments et  donc par le sentiment de répulsion qui cela provoque.

La mode est aussi le terrain d’action de Guillot : premières photos en 1922, dans la version française de Vogue.

Laure Albin Guillot, sans titre, vers 1937

Laure Albin Guillot, sans titre, vers 1937

Dans les années 1930, Laure Albin-Guillot se transforme en mondaine. Dans ce type de cercles, y compris littéraires, elle devient la star photographique. Défilent devant son objectif des célébrités du monde des arts ou de la mode. Citons entre autres : André Gide, Paul Valéry, Jean Cocteau et Hubert de Givenchy…En 1936, elle publie sa première illustration littéraire : les photos pour  Narcisse de Paul Valéry.

Laure Albin Guillot, Narcisse, 1936

Laure Albin Guillot, Narcisse, 1936

Laure Albin Guillot, Hubert de Givenchy, 1948

Laure Albin Guillot, Hubert de Givenchy, 1948

D’autres sujets, beaucoup moins évidents, l’intéressent. Ainsi, ses « micrographies », réalisées avec son mari, le Dr. Albin Guillot : il s’agit de reproductions des préparations et des extraits végétaux observables au microscope. Elle fait de ces images des sortes de peintures décoratives abstraites, quasi avant-gardistes.

Laure Albin Guillot, Micrographie décorative, 1931

Laure Albin Guillot, Micrographie décorative, 1931

Titre de l’expo du Jeu de Paume : Laure Albin Guillot, l’enjeu classique. Selon l’opinion de La Laverie Galerie, ses nus constituent l’exemple le plus pertinent de ce « clacissisme ». Mais il va falloir attendre…. le deuxième épisode  🙂 A bientôt, donc.

Anna Kerkhoff

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