Billet d’humeur d’une modeste lavandière : de qui se moque-t-on ?

Est-ce un vrai labo ?

Paris Photo ferme les portes du Grand Palais demain, 18 novembre. La lavandière coincée 6 jours sur 7 dans ses jolis murs de la rue des dames n’a pu se rendre au fameux événement. Mais des comptes-rendus d’amis et la consultation du web fait apparaître deux phénomènes convergents : la photographie n’est plus un art mais un marché spéculatif ; haro sur les photographes émergents au profit des « valeurs sûres».

Valeurs boursières 

Paris Photo ressemble de plus en plus à une foire où l’amour de la photographie n’est plus la préoccupation première. Les galeries prestigieuses du monde entier s’y pressent pour y exposer ceux qui ont le plus de chances de prendre de la valeur. Comme si l’art se substituait à  la Bourse, aujourd’hui considérée comme trop erratique et dangereuse. Peut-être les investisseurs parient-ils maintenant sur la photo pour spéculer… ad vitam ? Qu’on en juge : les prix des clichés s’échelonnent, semble-t-il, 1000 € (peccadille) à 150 000 €. Qui peut se payer ça ? Et pour en faire quoi ? Chacun pourra répondre à sa guise à la question.

 Il n’est bon bec que de Kertész

Si la photographie devient un marché spéculatif, il s’ensuit que seules les grandes signatures ont droit de cité. Exemples à la volée : William Klein (né en 1928), André Kertész (1894 – 1985), le couple Becher (Ecole de Düsseldorf)… Années 1950, 60 et 70 à l’honneur donc. Mieux, un petit macaron « Vu par David Lynch », apposé çà et là, est censé donner le sens du « bon goût » !  Sotheby’s annonce pour sa part une grande vente aux enchères. Au menu : Eugène Atguet, Diane Arbus, Brassaï, Boubat, Cartier-Bresson, Ewitt, Kertésc (encore…), Lartigue, Man Ray, Lisette Model, W. Klein (rebelote)… Comptez les morts !

Lats but not least : 65 nus signés Magnum vont être mis aux enchères pour le 65e anniversaire de l’agence (une jeunesse). Parmi les auteurs, voici Abbas, Riboud, Depardon… Ils ne sont pas tous morts, mais ils ne sont pas de verts galants.

 L’art, c’est pas pour nous

Loin de moi l’idée de plonger dans le « jeunisme » bête et infructueux. Et il n’est pas question non plus de mettre en doute des génies photographiques. Mais de s’insurger contre l’axiome « l’argent va à l’argent ». Et l’œil dans tout ça ? Et l’émotion ? Et la finesse ? Et les idées ? Et la recherche ?

Passez votre chemin. Ici c’est de l’aaaaaaaarrrrrt !

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2 réflexions sur “Billet d’humeur d’une modeste lavandière : de qui se moque-t-on ?

  1. Cher Pict,
    Oui, on est bien loin du « monde en partage » !. Et, semble-t-il, ce billet qui s’appliquait à l’édition 2012 de Paris Photo, pourrait être réédité pour celle de 2013. Mais Célie vous prépare un petit article sur les « moments si doux » de Depardon. De quoi nous apaiser !

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